VOIR LE BON COTE DES CHOSES
Par Christophe Thomas le lundi 9 juillet 2007, 13:15 - Conseils - Lien permanent
En surfant sur la toile je suis tombé sur un article très intéressant, et je voulais vous le faire partager. Alors bonne lecture, et restez positif.
Savoir cultiver le bon côté des choses
Ni déni ni idéalisme
Penser que le monde est le meilleur qui soit, que l'avenir est forcément prometteur, c'est de l'angélisme. Prendre les choses du bon côté en négligeant leur aspect négatif, voilà une politique de l'autruche qui sonne faux. Nous connaissons tous des personnes qui répètent : « Ça va aller, oui, ça va aller », alors que tout dans leur attitude et leur vie crie le contraire, à la manière de Madame Butterfly dans l'opéra de Puccini. Cette geisha du début du siècle dernier, abandonnée et trahie par le militaire américain qui l'avait rapidement épousée, s'enfuyant ensuite vers une soi-disant mission, garde son rêve de voir revenir son bel officier. « Il reviendra. C'est sûr, il reviendra », répète-t-elle, refusant de voir l'abîme qui s'est ouvert devant elle. Les psychanalystes ont un mot pour un tel aveuglement : le déni. L'optimisme n'est alors qu'une manière détournée de refuser de voir une réalité qui serait insupportable.
L'idéalisme est une autre tendance fâcheuse à négliger le réel. En faisant la plus grande place à l'idéal et au sentiment, il entraîne paradoxalement vers de grandes déceptions. Croire en une vérité unique pour tous, penser que le progrès matériel est toujours bénéfique ou que notre salut dépend d'un seul être nous plonge dans bien des guerres et des impasses écologiques ou relationnelles. Là encore, l'absence de nuance a un prix. Non, ce n'est pas non plus de cet optimisme-là dont nous parlerons.
Faire grandir le bon
Un état d'esprit intelligemment positif peut-il exister ? C'est en tout cas ce que nous vous proposons d'expérimenter. Il est fait de réalisme et d'espoir affirmé. C'est un optimisme « inquiet », à la fois dynamique envers les projets qu'il porte et lucide sur les obstacles à franchir. Il ne consiste pas à se « gonfler le moral » ou à se « rebooster les neurones », mais se nourrit du sentiment de bien-être procuré par des pensées « aidantes ». Rien à voir avec de la gymnastique mentale, cependant. « Là où l'optimisme aveugle affirme : "Il n'y a aucun problème, tout va parfaitement bien", l'optimisme intelligent dit : "Il y a des problèmes, mais je vais m'y adapter" », précise le psychiatre Christophe André. Il ne se nourrit pas de faux espoirs et, contrairement à l'idéalisme et au déni, a l'immense avantage de ne pas générer de déception.
« Ceux qui imaginent que les choses finissent toujours par s'arranger se sentent stupides quand elles tournent au vinaigre, explique le psychothérapeute Alan Loy McGinnis (in Le Pouvoir de l'optimisme, J'ai lu, 1999). En conséquence, ils sombrent souvent dans la désillusion et le cynisme. Les vrais optimistes, eux, ont conscience de vivre dans un monde imparfait où les amours peuvent se faner, les innocents, être châtiés, et les malades, mourir. »
Qu'est-ce qui fonde alors cet optimisme-là ? Il ne tient pas aux circonstances extérieures, à l'état du monde ou à la façon dont les situations se nouent dans nos vies, mais il s'enracine dans notre capacité à percevoir le bon, dans la confiance en soi et le plaisir de vivre. C'est le regard résolument positif d'Etty Hillesum, jeune femme juive déportée en 1943, qui note dans son journal intime ("Une vie bouleversée", Points Seuil, 1995), un soir de printemps : « Nous sommes passés devant des seringas, des petites roses et des sentinelles allemandes. »
C'est aussi l'espérance travaillée comme une vertu par Jean-François Deniau, homme politique, romancier et académicien, qui a survécu à trois cancers, deux maladies cardio-vasculaires, deux infarctus et quatorze anesthésies générales, parce qu'il reste tourné corps et âme vers un seul objectif : continuer à prendre la pleine mer et à barrer son trois-mâts, le Belém. C'est peut-être aussi un autre nom donné à la résilience, cette capacité à triompher de traumatismes passés, que le psychiatre Boris Cyrulnik a fait connaître au grand public (ouvrages de Boris Cyrulnik sur le sujet : "Les Vilains Petits Canards", "Un merveilleux malheur", "Le Murmure des fantômes" et "Parler d'amour au bord du gouffre", Odile Jacob, 2001, 2002, 2002, 2004).
Savoir s'adapter
Depuis quelques décennies, cet état d'esprit, prôné et étudié par la psychologie positive et enseigné par les techniques de développement personnel, se répand. Dans sa dernière étude ("Prospectives de vie, 2005-2008") sur les styles de vie des Français, le Centre de communication avancée (CCA) constate que de nouvelles postures d'adaptation naissent chez un grand nombre de nos contemporains : « La solution est de partir à la découverte de son bonheur personnel pour survivre dans un monde inquiétant .... Pour cela, il faut butiner un peu partout ..., librement, des bribes de valeurs avec lesquelles on se sent en résonance. »
Butiner. Le terme invite chacun à détecter ses sources de satisfaction, afin de les faire grandir pour se construire la vie qui lui va. Résolument actif, cet optimisme lucide se nourrit de l'idée simple qu'il y a une solution, même imparfaite, à tout problème. Et que le plaisir de la chercher est déjà une satisfaction en soi. Vous venez de perdre votre emploi ? Peut-être y a-t-il pour vous une nouvelle orientation à mettre en place. Vous avez rompu avec votre compagnon ? Peut-être quelqu'un qui vous correspond mieux va-t-il croiser votre chemin. C'est ce regard-là, à la fois réaliste et prometteur, que nous vous proposons de choisir.
Pascale Senk 2007
© Psychologies.com

Commentaires
... Je rajouterai à cela deux autres ouvrages incontournables : "La construction de soi" d'Alexandre Jollien où il est question d'un usage de la philosophie comme thérapeutique de l'âme... splendide... et "La puissance d'exister", du philosophe contemporain Michel ONFRAY, manifeste hédoniste, qui tente de réenchanter nos temps mélancoliques avec la proposition d'une pensée à vivre.
Merci Christophe pour ce billet !
Sylviane
"Tout le monde il est BEAU"...
ou bien,
"ENSEMBLE, faisons en sorte que notre monde soit BEAU" ???
N'hésitons plus à expliquer la différence à nos enfants...
Christian
Voilà de quoi réflechir !! Merci de nous élever l'esprit !
Ce billet ouvre donc débat sur la pensée philosophique et l'ouverture d'esprit?
Merci à toi Sylve pour le complément d'infos.
Christian, pour les enfants il est bon de ne pas idéalisé et de ne pas se mentir.
L'ouverture d'esprit permet à tout à chacun d'évoluer et d'éviter les idées utopiques d'une vie meilleur. D'ailleurs ne dit-on pas l'espoir fait vivre, et si il n'y avait que des bonnes choses est ce que nos différences et notre évolution existeraient?
Méditation et réflexion toujours et encore.
Cordialement
Je constate que nous sommes d'accord Christophe, ne pas mentir aux enfants et bien leur faire comprendre qu'une vie cela se construit pas à pas, réflechir et méditer c'est bien..., AGIR c'est la finalité...la reflexion , la méditation n'a pas permis à Aristote ni à Ptolémée de prouver que la terre était ronde...Copernic, Kepler et Galilée eux l'ont fait...leur ouverture d'esprit leur a non seulement permis d'évoluer comme tu le dis, mais surtout de faire voler en éclat les règles établies et intouchables de l'époque par le pouvoir et la religion...leurs idées étaient pourtant bien utopiques pour le commun des mortels...
Comme quoi il y a ouverture d'esprit et OUVERTURE D'ESPRIT...
Bien à toi,
Christian
Voilà Christian, tout à fait
Mais aujourd'hui sommes nous ouvert pour bousculer les us et coutumes du monde professionnel? Cela demande réflexion pour agir efficacement, et pallier au chômage.